Que faire quand on flotte?

Que faire quand on ne sait pas quoi faire ?

Beaucoup de personnes ont peur du vide, du rien, du black out, du silence, du néant, du noir, de l’absence de vie, (de la mort peut être ?) et c’est tout à fait compréhensible.

Lorsque l’on regarde plus en profondeur cette « peur du vide », on se rend compte que ces personnes ont en réalité peur du « trop plein », d’être submergé par leurs propres pensées, par leurs émotions, par des peurs, par des mauvais souvenirs, par leurs « ombres ».

Il n’y a pas la possibilité de se fuir ici, il n’y a pas la possibilité de “zapper,” de “scroller”, de se distraire, de poser son attention sur autre chose, et c’est bien cela que l’on recherche !

En effet, lorsque l’on coupe les distractions sensorielles extérieures… Que reste t-il ? Il reste toutes mes pensées, toutes ces phrases, toutes ces images que mon esprit construit en permanence, et toutes les émotions associées. Cette peur du néant est en réalité une peur du trop plein, la peur d’être submergé par tout un tas de noeuds émotionnels non résolus.

Que faire donc pendant la séance pour profiter au mieux de ce cadre si particulier de la relaxation en apesanteur ?

1. Respirer en conscience

J’apprends à l’école que j’inspire de l’oxygène qui va nourrir mes cellules, me maintenir en vie, et j’apprends aussi que je relâche du CO2, ce qui n’est pas bon pour moi à garder à l’intérieur, je l’évacue: « OUT ».

Eh bien c’est très simple. À chaque inspire j’intègre la nourriture pour mes cellules, à chaque inspire j’amène un élément extérieur à rentrer dans mon organisme. À chaque expire je relâche également ce qu’il y a de toxique, ce que je n’ai pas besoin de garder en moi. J’évacue.

Donc je peux simplement utiliser consciemment mon souffle pour à la fois :

Evacuer : le stress, la colère, la nervosité, la tensions, les pensées négatives, les frustrations, les déceptions, bref tout ce que je garde coincé parfois dans le ventre ou le thorax..
Intégrer : J’inspire l’oxygène et puis je peux observer et sentir, qu’est-ce qui se passe dans mon corps, quand j’inspire de la joie, du calme, de la paix, de la confiance, de l’espoir…. À chaque inspire je peux faire un cadeau à toutes mes cellules.  Pourquoi pas essayer ? Je peux respirer consciemment et associer à mon souffle, une intention une couleur, une émotion…. 


2. Se connecter à son corps

Notre corps est doté d’un système nerveux incroyable. Je sens ! Je sens tout ce qui touche ma peau. Je peux même sentir ce qu’il se passe à l’intérieur de mon corps ! Certaines personnes qui ont travaillé leurs capacités intéroceptives réussissent même à sentir leurs organes. On ne nous apprend pas à le faire, mais c’est possible !

Je peux donc profiter de cette heure de coupure avec les stimuli extérieurs pour vraiment sentir ce qu’il se passe dans mon corps.

Je peux écouter mon corps qui respire, je peux sentir mon coeur qui bat, je peux sentir toute cette vie en moi, sentir tout ce qui circule en moi, tout ce qui vit, tout ce qu’il se passe. Ces sensations nous rappellent « Je suis ici, maintenant. Je suis vraiment ici et maintenant, pas hier, pas demain. »

Parfois ce sont des sensations désagréables qui appellent notre attention, des douleurs ici et là.

 Lorsque l’on flotte, notre corps nous parle. Il nous montre où est-ce qu’il y a une tension, ou est-ce qu’il y a un déséquilibre. C’est l’occasion d’aller voir, c’est l’occasion d’aller écouter son corps et d’en prendre soin.

3. Se masser

Au cours d’une heure j’ai le temps de passer par plusieurs phases. Il y aura peut-être des phases où je vais être tellement détendu(e) que je ne vais pas avoir envie de bouger d’un millimètre. Et d’autres phases ou je vais avoir envie de bouger de mettre mon corps en mouvement. Il s’agit d’une alternance entre deux états du système nerveux, le parasympathique et le sympathique. (Le repos / l’action. Yin / Yang , Nuit / Jour, Ida / Pingala)

Je peux profiter de ces moments ou j’ai envie de mouvement, où je ne suis pas aux portes du sommeil pour prendre soin de mon corps avec mes mains et mon intention.

C’est très simple: Yeux fermés. Je sens les parties de mon corps qui ont été le plus impactées par le stress ou quelques émotions désagréables qui serait passées par là.    

Je fais un scan pour repérer les zones de tensions. Ensuite j’ai seulement à poser délicatement mes mains sur ces zones. Je peux visualiser qu’une légère lumière dorée émane de mes mains. Je place mon attention sur les zones qui reçoivent le soin. Je peux sentir, toute la douceur, la bienveillance, la chaleur, la rassurance qui se dégage naturellement de mes mains. Par leur simple contact, j’informe mon corps « je suis là pour toi. Je t’écoute. Je vais prendre soin de toi. » Rien que de poser les mains et déjà le soin commence. Je peux ensuite en fonction des tensions ou des douleurs, avoir un mouvement circulaire ou de balayage. Je peux sentir qu’est-ce qui me fait du bien ? De la lenteur ? De la pression ? De la douceur ? J’ai juste à écouter, sentir et essayer.

4. Chanter

Votre corps entier peut être la caisse de résonance de votre voix. Dans cet espace protégé de l’extérieur, je peux en profiter pour exprimer mon être par le chant, la vibration. Sans chercher à faire du « beau », à  « bien chanter », juste me faire du bien. À tout moment de l’expérience. Je peux m’assoir, ouvrir la bouche, laisser échapper un son, une vibration. Je peux déplacer la vibration. Faire vibrer mon coeur, mon ventre, mon bas ventre. Je peux vibrer des sons et prendre soin de mon corps. Avec plus d’écoute et d’attention, je peux remarquer que certains sons vont faire vibrer certaines zones de mon corps, certains organes. Je peux simplement m’amuser avec la vibration.

Chanter permet de libérer des charges émotionnelles contenues sans avoir à passer par le mental, la réflexion ou la revivance d’épisodes du passé.

Chanter en étant accompagné de l’élément eau est une expérience intime et puissante. L’élément eau est l’élément de la communication, des émotions, de la fluidification, de la guérison, du nettoyage. Pourquoi s’en priver ? Je suis ici pour moi, dans ce cercle, cet espace dessiné pour le soin. Personne ici ne me jugera à part moi-même. Et si j’ai choisi de faire cette expérience, c’est pour prendre soin de moi. Je ne suis pas là pour me juger, me tirer dans les pattes, me fouetter parce que c’est pas assez joli ou pas assez cela. Je chante POUR MOI. Je chante parce que tout le monde a cet outil à disposition.

C’est un outil thérapeutique puissant, simple, essentiel et il ne tient qu’à moi de l’utiliser.

Alors, et si je me débarrassais de toutes ces croyances et ces pensées qui m’empêche de m’exprimer par le chant ? Et si j’essayais ?

5. Se parler

Lorsque l’on flotte, il devient plus facile de prendre conscience de ses pensées, de ce brouhaha du mental. « EH OH ! Il y a combien de personnes dans ma tête ? » Ce moment de détente que je me suis réservé, pourquoi est-ce que je n’arrive pas à me détendre ? Pourquoi est-ce que j’ai autant de tristesse ?  ou de colère ? Ou de nervosité ? De peurs qui remontent? Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à couper ? À lâcher ? À être là ?

Eh oui… Ce n’est pas facile de « lâcher », de prendre soin de soi avec ses pensées. Parfois c’est même tout l’inverse… Comment faire alors ?

Parler à voix haute permet de choisir à qui je donne la parole en moi. Est-ce que je vais donner la parole à la partie de moi qui a peur ? À la partie de moi qui n’a pas digéré tel ou tel évènement ? À la partie de moi qui me juge ? Je peux laisser parler la partie en moi qui a mal, qui a peur, l’a laisser s’exprimer pour de bon, en m’exprimant, je fais sortir cette pensée, cette phrase en moi et la met clairement à ma conscience. Parfois juste en l’exprimant, en l’écoutant, je la libère, tout simplement.

Je peux aussi donner la parole à la partie de moi qui a confiance. La partie de moi qui souhaite mon bonheur, ma guérison, la partie en moi qui me souhaite la paix. Les anglophones parlent du “higherself “. On peut parler du “grand soi” ou du “soi rayonnant”. Cette partie de moi est déjà en paix. Pour lui donner la parole je peux simplement me connecter à mon coeur. Je peux laisser venir l’image de moi même dans un espace en paix, je peux me visualiser en paix, en joie, en confiance. Je peux regarder la bienveillance qui émane de mes yeux. La douceur que j’émane. Je peux regarder ma posture. Peut être ai-je quelques mois ou quelques années de plus. Je peux juste lui donner la parole. Est-ce qu’il ou elle a des conseils à me donner ? Des encouragements ? Des choses qui pourraient m’aider à résoudre ces noeuds en moi qui reviennent sans cesse ? 

Parler me permet de résoudre mes conflits intérieurs en faisant un dialogue entre les différentes parties de moi. 


6. Visualiser

Les images mentales ont un effet sur le corps. Si de plus en plus d’études abreuvent dans ce sens il ne tient qu’à moi de constater que si je peux, avec le pouvoir de mes pensées déclencher de la peur, de la colère, de la panique, je peux aussi par le pouvoir de mes pensées et des images mentales déclencher de l’apaisement, de la joie, de la confiance, de l’harmonie. J’ai ce pouvoir en moi de détruire ou de créer.

Lorsque je flotte j’ai devant moi un écran noir. Je ferme les yeux, la encore un écran noir. Et puis au fur et à mesure de la séance, des images vont se dessiner dans mon esprit. Il ne s’agit pas d’hallucination mais d’images hypnagogiques (un peu comme quand on va s’endormir.)

Je peux, consciemment, choisir, où est-ce que je souhaite emmener mon esprit en balade. Je peux aller ou je souhaite. Ma conscience est illimitée. Je peux aller m’assoir sur une plage devant un lever de soleil. Je peux expérimenter ce que ça fait d’être une pierre, un oiseau, un arbre…. Je peux expérimenter avec mes 5 sens intérieurs, ce que cela fait d’être au milieu de l’espace, de l’océan. Qu’estce que ça fait de voler ? De traverser les nuages ? Je peux aller visiter les coins du monde où j’ai toujours rêvé d’aller. (Je peux même aller sur une planète inconnue.)

Un autre voyage tout aussi enrichissant est d’aller visiter ce qu’il se passe à l’intérieur de notre corps. Les sensations physiques quelles soient agréables ou désagréables m’indiquent ce qu’il se passe à l’intérieur de mon corps. Je peux laisser venir les images : “à quoi ressemble telle ou telle sensation ? Est-ce qu’il y a une couleur, une texture, une image qui apaiserait cette sensation ?”

 7. Explorer

C’est avec ces petits moments d’ennuis que l’on devient créatif. Nous avons sans cesse des retours de flotteurs qui nous racontent comment ils ont découvert des choses sur leur corps, sur eux même en explorant. Certains vont s’amuser à ressentir leur propre circuit sanguin et améliorer leur interoception, d’autres vont se concentrer sur les personnes qu’ils aiment voir même leur animal de compagnie. Certains vont s’amuser à faire des postures qu’ils n’ont jamais faites. D’autres vont encore pratiquer le rêve éveillé ou même les sorties astrales. (un voyage hors du corps.)
 
 
Les cabines de flottaison sont des vaisseaux d’exploration de l’esprit et du corps. À vous de les utiliser comme bon vous semble !

 

Photo de Corentin Courtois

PortraitMaiteweb

Maïté Breger

Passionnée par les mystères des liens entre l’esprit et le corps, c’est après plusieurs années d’études en anthropologie de la santé et de médecine holistique, qu’elle se lance dans l’aventure Meïso. Elle est également sophrologue et thérapeute en Intelligence Relationnelle.

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